Santé l’huile de noix de coco?

Les scientifiques ont tranché. L’huile de noix de coco est loin d’être aussi bonne pour la santé que certains le croyaient. La plus récente position du comité aviseur de la prestigieuse l’American Heart Association déconseille fortement l’utilisation de l’huile de noix de coco sur une base quotidienne. Les auteurs ont constaté que l’huile de coco augmentait le cholestérol LDL – une cause des maladies du coeur – autant que les autres matières grasses riches en acides gras saturés comme le beurre, le gras de boeuf ou l’huile de palme. De plus, aucun effet positif sur la santé n’a pu être remarqué en réponse à son utilisation.

 

Marketing « sexy »

Pourtant, un récent sondage indique que 72 % de la population américaine considèrent toujours l’huile de coco comme un aliment santé, comparativement à 37 % des nutritionnistes.  Selon cette même étude, cette déconnexion entre cette croyance et l’avis des experts serait attribuée au marketing « sexy » de l’huile de coco par la presse populaire.

La popularité de l’huile de noix de coco est donc loin de s’essouffler. On lui prête beaucoup de vertus, que ce soit pour améliorer l’apparence de notre peau, de nos cheveux, pour perte du poids ou pour améliorer notre santé en général, etc. Parallèlement, rien n’a changé au niveau de la composition en acides gras de l’huile de noix de coco: près de 90% de ses acides gras sont saturés, ce qui est un pourcentage bien supérieur au beurre (près de 65%), au boeuf (43%) et au saindoux (près de 40%).

 

 

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Pour bien comprendre la confusion autour de l’huile de coco, il faut savoir que toutes les huiles et les graisses sont composées de différents types d’acides gras en proportion différents et que ceux-ci ont chacun leurs qualités et leurs défauts. Par exemple, 15% des acides gras de l’huile de sésame sont saturés et 85% sont insaturés (polyinsaturés + monoinsaturés).  L’huile de coco, qui nous intéresse plus particulièrement, fait figure d’exception pour un gras végétal puisqu’il est fortement saturé.

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Source : European Food Information Council (eufic.org)

Désormais, les scientifiques ont suffisamment d’indices qu’ils leur laissent croire que l’huile de noix de coco est loin d’être notre meilleur choix. Toutefois, quelques pistes laissent croire que l’huile de noix de coco aurait très peu d’effets sur notre santé si elle est consommé occasionnellement en très petite quantité , que notre alimentation est équilibrée et qu’on a un poids santé.

 

De l’huile de coco dans sa cuisine?

Oui, on peut avoir un pot d’huile de coco vierge dans notre armoire et l’utiliser de temps à autre si on est en parfaite santé. C’est une huile qui possède un côté pratique en pâtisserie comparativement à d’autres huiles végétales, car elle reste solide à température ambiante. Elle a une saveur de noix sucrée qui plait bien au goût et sa texture se prête bien à certaines préparations sans cuisson ou à des sautés avec une touche tropicale. Dans un contexte où il y a plein de bonnes huiles végétales disponibles sur le marché, on varie les huiles qu’on utilise. Et l’huile de coco fait partie de cette variété.

L’huile de noix de coco n’est pas une huile miracle. Si on en consomme en pensant améliorer son cholestérol sanguin, réduire son risque de maladies du coeur, en supplément pour faciliter la perte de poids, pour stimuler son métabolisme, couper la faim, booster la thyroïde, on fait fausse route. #unicornspooprainbows

Au final, l’huile d’olive, l’huile de sésame ou l’huile de canola resteront quand même des choix plus avantageux d’un point de vue de notre santé.  C’est le choix qu’on devrait faire au quotidien puisqu’elles ont clairement fait leurs preuves, et ce, depuis longtemps. C’est encore plus vrai si médecin de famille vous a avisé que votre cholestérol est élevé et qu’il vous faut l’améliorer activement. Dans ce cas, l’huile de coco n’est nettement pas le choix pour vous.

Dernière mise à jour: 1 août 2017

Références et sources graphiques
Sacks FM et al. Dietary fats and cardiovascular disease: A presidential advisory from the American Heart Association. Circulation 2017: 235: e1-e24.

 

Eyres L et al. Coconut oil consumption and cardiovascular risk factors in humans. Nutr Reviews 2016: 74(4): 267-80.
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Source de l’image: European Food Information Council (eufic.org)