L’huile de noix de coco, aliment super ou super-vilain?

Des fois, on nous parle de l’huile de coco comme d’un gras « dangereux » parce qu’il s’y cache un pourcentage élevé de gras saturés (ou de mauvais gras). D’autre fois, le même produit refait surface comme un nouveau superaliment sexy bon pour la santé. Confus?

 

La popularité de l’huile de noix de coco ne semble pas faiblir. On lui prête beaucoup de vertus, que ce soit pour améliorer l’apparence de notre peau, de nos cheveux, pour perte du poids ou pour améliorer notre santé en général. Voici tout ce qu’il faut savoir sur cette huile aux sois-disant « super-pouvoirs ».

Pour remettre les pendules à l’heure, rien n’a changé au niveau de la composition en acides gras de l’huile de noix de coco: près de 90% de ses acides gras sont saturés, ce qui est un pourcentage bien supérieur au beurre (près de 65%), au boeuf (43%) et au saindoux (près de 40%). Ce que la science nous dit à l’heure actuelle, c’est que trop de gras saturé dans son alimentation, c’est néfaste pour sa santé. Les gras saturés font augmenter les niveaux de « mauvais » cholestérol (LDL) dans notre sang, qui eux augmentent nos risques de maladies du coeur et de mortalité cardiovasculaire. Vue ainsi, l’équation semble aussi simple que 1+1=2. Et l’huile de noix de coco semble une bien mauvaise mode pour notre coeur.

Mais …

Petit cours 101 des huiles et des graisses

Pour bien comprendre la confusion autour de l’huile de coco, il faut savoir que toutes les huiles et les graisses sont composées de différents types d’acides gras en proportion différents et que ceux-ci ont chacun leurs qualités et leurs défauts. Par exemple, 15% des acides gras de l’huile de sésame sont saturés et 85% sont insaturés (polyinsaturés + monoinsaturés).  L’huile de coco, qui nous intéresse plus particulièrement, fait figure d’exception pour un gras végétal puisqu’il est fortement saturé.

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Source : European Food Information Council (eufic.org)

En ce moment, les scientifiques présument que l’huile de noix de coco n’est pas notre meilleur choix. Pourquoi? Parce qu’il n’y a pas beaucoup d’études qui se sont penchées sur la question, contrairement à l’huile d’olive, de canola ou de soya, qui ont été étudiés sous toutes leurs coutures. C’est pourquoi ils vont rester prudents et qu’ils ne nous diront pas  de consommer de l’huile de noix de coco à volonté. Toutefois, quelques pistes laissent croire que l’huile de noix de coco pourrait augmenter très légèrement notre bon cholestérol et qu’elle n’aurait pas d’effets sur notre santé si notre alimentation est équilibrée et qu’on a un poids santé.

Alors, yay ou nay pour l’huile de coco?

De l’huile de coco dans sa cuisine

Oui, on peut avoir un pot d’huile de coco vierge dans notre armoire et l’utiliser de temps à autre si on est en parfaite santé. C’est une huile qui possède un côté pratique en pâtisserie comparativement à d’autres huiles végétales, car elle reste solide à température ambiante. Elle a une saveur de noix sucrée qui plait bien au goût et sa texture se prête bien à certaines préparations sans cuisson ou à des sautés avec une touche tropicale. Dans un contexte où il y a plein de bonnes huiles végétales disponibles sur le marché, on varie les huiles qu’on utilise. Et l’huile de coco fait partie de cette variété.

L’huile de noix de coco n’est pas une huile miracle. Si on en consomme en pensant améliorer son cholestérol sanguin, réduire son risque de maladies du coeur, en supplément pour faciliter la perte de poids, pour stimuler son métabolisme, couper la faim, booster la thyroïde, etc., etc., on fait fausse route. #unicornspooprainbows

Au final, l’huile d’olive, l’huile de sésame ou l’huile de canola resteront quand même des choix plus avantageux d’un point de vue de notre santé.  C’est le choix qu’on devrait faire au quotidien puisqu’elles ont clairement faites leurs preuves, et ce, depuis longtemps. C’est encore plus vrai si médecin de famille vous a avisé que votre cholestérol est élevé et qu’il vous faut l’améliorer activement. Dans ce cas, l’huile de coco n’est nettement pas le choix pour vous.


Références et sources graphiques
Eyres L et al. Coconut oil consumption and cardiovascular risk factors in humans. Nutr Reviews 2016: 74(4): 267-80.
Cox C et al. Effects of dietary coconut oil, butter and safflower oil on plasma lipids, lipoproteins and lathosterol levels. Eur J Clin Nutr 1998;52(9):650-4.
Lichtenstein AH et al. Effects of different forms of dietary hydrogenated fats on serum lipoprotein cholesterol levels. N Engl J Med 1999; 24;340(25):1933-40.
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Mensink RP et al. Effect of dietary fatty acids on serum lipids and lipoproteins: a meta-analysis of 27 trials. ATVB 1992; 12, 911-919.
Source de l’image: European Food Information Council (eufic.org)