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La santé a le dos large

Êtes-vous du genre à privilégier les aliments ou les recettes «santé» parce qu’il faut réduire sa consommation de sucre, de sel, augmenter sa consommation de fibres et éviter les agents de conservation?

À l’heure où il y a énormément de désinformation en nutrition, on assiste parallèlement à une augmentation du marketing «santé». Mais ça veut dire quoi au juste le mot «santé»?


Petite définition de la santé

Selon l’Organisation mondiale de la santé, le terme «santé» est un état de complet bien-être physique, mental et social. C’est bien plus que l’absence de maladie. Santé Canada reconnaît également que «les aliments que nous mangeons peuvent influer sur notre santé de différentes manières». De ce fait, il encadre légalement et approuve le cas échéant les allégations santé utilisées par l’industrie alimentaire. À l’heure actuelle, il n’y a que 4 allégations reliant l’alimentation et la santé qui sont permises au Canada. Un exemple: «Une saine alimentation renfermant peu de graisses saturées et trans aide à réduire le risque de maladies du coeur».

L’aura «santé» des aliments

Toutefois, lorsque l’industrie alimentaire utilise des descripteurs comme «biologique», «naturel», «léger», «complet», «riche en», on a l’impression qu’il s’agit d’un produit bon pour notre santé. Pourtant, il existe peu de règles qui définissent ce que ces termes signifient. De plus, la majorité de ces «appellations» se retrouvent généralement sur des produits alimentaires qui ont subi diverses transformations (on ne verra jamais de carottes «légères»). On n’a qu’à penser à la tendance des superfruits, un terme inventé par le marketing en 2005 pour désigner les fruits qui contiennent plus d’antioxydants que les autres. De cette stratégie de marketing, on qualifie maintenant une gamme impressionnante d’aliments de «superaliments». Toutefois, les entreprises qui ajoutent des «super ingrédients» à leurs produits, à des prix souvent plus élevés pour le consommateur, devraient se munir d’évidences scientifiques convaincantes pour appuyer leurs revendications santé.

« Créer un aura santé autour d’un produit, même si c’est mal étayé par la science, confère à ce même produit un avantage concurrentiel. »

Le marketing du «sans»

Sans gras, sans sucres ajoutés, sans huile de palme hydrogénée, sans gluten,  sans gras trans, sans colorants artificiels, sans hormones, sans OGM, sans agents de conservation, sans nitrite. La liste de ce que nous ne voulons plus manger ne cesse de s’allonger. Meilleur pour notre santé? Pas toujours. Par exemple, les charcuteries naturelles ou sans nitrites ajoutés, ça reste tout de même des charcuteries. La valeur nutritive est médiocre, c’est élevé en matières grasses et très salé. Il ne faut pas en manger plus, ni plus souvent que la version «régulière» et encore moins à tous les jours. Pas étonnant que nous soyons confus en tant que consommateurs par rapport à ce qui est vraiment bon pour la santé.

Manger santé

Manger santé, ça signifie aussi que c’est à chacun d’entre nous de définir ce qui est «santé» dans notre assiette.

Pour moi, manger santé, c’est de consommer des aliments le moins transformés possible, avec une liste d’ingrédients la plus courte qui soit. C’est de mettre en vedette les fruits et les légumes dans mon assiette, d’écouter ma faim, de savourer ce que je mange, de prendre plaisir à cuisiner à la maison avec ma famille et de manger une variété d’aliments. N’oublions pas que dans la définition de la santé, il y a bien-être mental : il est donc essentiel que le plaisir de manger en fasse partie.

 


Références

World Health Organisation. Définition de la santé de l’OMS. [EN LIGNE]

Santé Canada. Allégations santé. [EN LIGNE]

Center for Disease Control and Prevention. What is Health Marketing. [EN LIGNE].

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