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la Beyond Meat: santé ou ultra-transformé?

Comme à peu près tout le monde, je n’ai pas pu résister à l’engouement entourant l’arrivée en épicerie des galettes Beyond Burger de la start-up californienne Beyond Meat. Celle-ci se spécialise dans la création d’aliments d’origine 100% végétale, qui imite l’expérience culinaire derrière la vraie viande. Elle a su rapidement nous séduire et surtout, faire parler d’elle dans les médias.

Dès que j’en ai vu à mon épicerie, j’en ai (naïvement) acheté avec l’idée de m’inspirer de leur liste d’ingrédients pour créer MA recette de galette de type «Beyond Burger ».  Je me suis dit qu’une version maison sur le blogue pouvait avoir bien du potentiel …

Mais j’ai vite compris que ce serait impossible.


Transformée un peu, beaucoup, ou pas du tout?

La galette à hamburger de Beyond Meat est faite de protéines de pois, d’huile de canola et d’huile de coco. On y ajoute plusieurs autres ingrédients en plus faible proportion, qui vont servir à lier, créer de la texture, à imiter l’effet « juicy »  et à colorer naturellement la fausse viande en rose « viande ». Tout ça sans OGM, ni soya ni gluten.

Difficile de « copier » un aliment fait à partir d’ingrédients qui sont pour la plupart ultra-transformés ou accessibles dans les épiceries de spécialité (ou pas du tout au consommateur).

L’ultra-transformation santé.

C’est ce qui m’a amené à réfléchir au degré de transformation de la galette Beyond Burger.  L’ingénieux marketing « santé » derrière la galette lui donne un côté rassurant qui nous incite à en acheter sans trop se poser de questions. Après tout, la mission de l’entreprise Beyond Meat est d’offrir de la « fausse viande » à base de plantes pour améliorer la santé de ses consommateurs, d’avoir un impact positif sur l’environnement tout en respectant le bien-être des animaux, n’est-ce pas?

Si on se base uniquement sur la classification Nova, qui fait matière de référence pour évaluer le degré de transformation d’un aliment, alors oui, la galette Beyond Burger est un aliment ultra-transformé. Si on la compare à une galette de viande (boeuf, poulet, porc, agneau, etc.), ces dernières se classifient dans la catégorie des aliments frais ou minimalement transformés. Il n’y a pas de liste d’ingrédients sur un emballage de viande hachée, puisque celle-ci n’a subi qu’une transformation mécanique (être hachée).

Côté transformation, la galette de viande l’emporte haut la main.

Toutefois, il est important d’apporter quelques nuances. Les aliments végé ne sont pas tous égaux, tant au point de vue de leur degré de transformation que d’un point de vue nutritionnel ou environnemental. La galette Beyond Burger ne fait pas exception à la règle.

Comparer des pommes avec des pommes

À poids égal (113 g), si on compare le profil nutritionnel de la galette Beyond Burger à une galette de boeuf haché extra-maigre, on constate qu’elles sont similaires à plusieurs égards.

Parce qu’on utilise de l’huile de coco, qui est riche en gras saturés, la galette Beyond Burger  ne possède aucun avantage côté lipides comparativement à la viande. Comme je l’ai déjà mentionné dans un billet précédent, la science a établi que l’huile de coco augmentait le cholestérol LDL – une cause parmi d’autres des maladies du coeur – autant que le beurre, le gras de boeuf ou l’huile de palme. On déconseille donc fortement l’utilisation de l’huile de noix de coco sur une base quotidienne.

Comme on pouvait s’y attendre, la galette Beyond Burger a un peu de fibres (à peine 2 g) – puisqu’elle est composée de végétaux – et est sans cholestérol. Toutefois, elle est près de 6 fois plus salée qu’une galette de boeuf pour une quantité relativement similaire en protéines.

Autre point important, la galette Beyond Burger est près de 3 fois plus riche en fer de source végétale (fer non hémique) que la galette de boeuf (fer de type hémique). Toutefois le fer hémique est mieux absorbé (à 30%) comparativement au fer non hémique (à 10%). Mais, le fer de type hémique est impliqué dans les mécanismes biologiques associés au développement du cancer colorectal. C’est d’ailleurs ce qui explique en partie pourquoi consommation régulière de viande rouge a été classée par le Centre international de Recherche sur le Cancer comme probablement cancérogène pour l’homme.

Si on pèse les pour et les contre, on se rend compte que l’on compare un peu des pommes avec des pommes. La galette Beyond Meat et la galette de viande ont chacun des avantages et des désavantages pour notre santé. Tout est une question de quantité et de fréquence de consommation.

Mais si on se rappelle la promesse de Beyond Meat d’améliorer la santé de ses consommateurs, j’y mettrais un bémol.

« Mais si on se rappelle la promesse de Beyond Meat d’améliorer la santé de ses consommateurs, j’y mettrais un bémol. »

Pour sauver l’environnement.

Toutefois, si on est conscientisés par notre impact environnemental, la Beyond Meat remporte la palme haut la main. Selon le Center for Sustainable Systems de l’Université du Michigan, la production d’une galette Beyond Burger génère 90% moins d’émission de gaz à effet de serre, nécessite 46% moins d’énergie, a une incidence 99% moins importante sur les ressources en eau et réduit de 93% l’utilisation des sols comparativement à la production de 1/4 de livre de boeuf.

Il faut toutefois avoir les moyens de payer 4,00$ par galette.

On mange de la Beyond Meat ou pas?

Si les préoccupations environnementales ou le bien être animal dictent nos choix à l’épicerie, il est clair que la galette Beyond Burger est une option qui va de soi.

Toutefois, si nos préoccupations sont orientées vers le niveau de transformation alimentaire, il est tout à fait logique de choisir la viande, avec une philosophie d’en manger moins, mais de manger mieux.

Mais pour sa santé, on assume dans les 2 cas qu’on mange une galette à hamburger et on la mange avec plaisir.

Un bel exemple qu’en nutrition, tout n’est jamais tout rose (viande). 🙂


Références et sites web consultés.

Moubarac et Batal, 2016 – TRANSNUT. Consommation d’aliments ultra-transformés et la qualité de l’alimentation chez les Québécois [En ligne]. (Ressource consultée le 01 mai 2019).

Monteiro et al. The UN Decade of Nutrition, the NOVA food classification and the trouble with ultra-processing. Public Health Nutr 2017; 21(1): 5-17.

Global Panel on Agriculture and Food Systems for Nutrition. Food Systems and Diets: Facing the Challenges of the 21st Century. London 2017 Global Panel. [En ligne]. (Ressource consultée le 28 avril 2019).

Sacks FM et al. Dietary fats and cardiovascular disease: A presidential advisory from the American Heart Association. Circulation 2017: 235: e1-e24.

Eyres L et al. Coconut oil consumption and cardiovascular risk factors in humans. Nutr Reviews 2016: 74(4): 267-80.

Organisation Mondiale de la santé. Cancérogénicité de la consommation de viande rouge et de la viande transformée. 2015 [En ligne]. (Ressource consultée le 02 mai 2019).

Heller et al. Beyond Meat’s Beyond Burger Life Cycle Assessment: A detailed comparison between a plant- based and an animal-based protein source 2018. Center for Sustainable Systems of the University of Michigan [En ligne]. (Ressource consultée le 01 mai 2019].

 

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