Comment faire une pâte à pizza maison parfaite - Science et Fourchette
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Comment faire une pâte à pizza maison parfaite

Faire une pâte à pizza maison, ça peut sembler intimidant à première vue.  Mais avec quelques trucs bien choisis, c’est tout à fait à la portée de tout le monde. On a rassemblé ici tout ce qu’il faut savoir : le bon équipement, les bons ingrédients, la bonne température, et même comment congeler et décongeler sa pâte comme un pro. Parce que oui, notre pâte à pizza maison sera meilleure à chaque fois qu’on va en faire. C’est ça, la courbe de l’apprentissage — et franchement, qui va se plaindre de manger plus de pizza ?

mots de Annie Ferland, PhD DtP-nutritionniste


Quel équipement faut-il pour faire une pâte à pizza maison ?

Il y a 2 morceaux d’équipement qui nous facilitent grandement la vie quand on fait de la pizza maison : la pierre à pizza et la pelle à pizza. À défaut de posséder une pierre à pizza, une plaque en acier, une plaque de cuisson ordinaire ou une feuille de cuisson pour le barbecue de type Cookina déposée directement sur la grille du four peuvent faire l’affaire. Sinon, nos deux mains pour pétrir ou un mélangeur avec un crochet pétrisseur.

La pelle à pizza en bois a l’avantage d’être abordable et de ne pas conduire la chaleur, ce qui laisse un peu plus de temps pour garnir sa pizza sans qu’elle ne colle. La pelle en métal ou en aluminium, avec sa surface fine et lisse, permet un glissement plus net au moment d’enfourner. C’est la préférée des pizzaïolos, mais elle demande un peu plus de rapidité et de technique.

Quelle farine utiliser pour une pâte à pizza maison ?

Ma farine préférée pour faire de la pâte à pizza maison est de loin la farine Tipo 00. Cette classification italienne désigne une farine moulue très finement, avec un taux d’extraction bas, ce qui signifie qu’on a retiré la majorité du son et du germe. Le résultat donne une texture très douce au toucher et une pâte remarquablement souple et extensible, beaucoup plus facile à étirer sans qu’elle se rétracte. On la retrouve dans la plupart des épiceries fines et dans quelques épiceries de grande surface.

Une nuance qui vaut la peine d’être connue : toutes les farines Tipo 00 ne sont pas identiques. Celles à faible teneur en protéines (autour de 9 à 10 %) donnent une croûte fine, tendre et souple dans le style napolitain. Celles à teneur en protéines plus élevée (12 % et plus) produisent une pâte avec plus de structure et de fermeté, proche du style new-yorkais. Si l’information n’est pas sur l’emballage, le site du fabricant l’indique généralement.

Sans farine Tipo 00, la farine à pain non blanchie est la meilleure alternative : sa teneur en protéines plus élevée que la farine tout usage favorise un meilleur développement du gluten et une croûte avec plus de caractère. La farine tout usage reste un choix valable pour une pâte maison accessible. Le résultat sera un peu moins extensible, mais tout à fait délicieux.

Comment choisir sa levure pour la pâte à pizza ?

Les 3 sortes de levure qu’on retrouve en épicerie ne sont pas tout à fait interchangeables. La levure sèche active (aussi appelée levure traditionnelle) doit d’abord être réhydratée quelques minutes dans l’eau tiède avant d’être incorporée à la farine. La levure instantanée, elle, s’ajoute directement dans la farine sans cette étape préalable et agit plus rapidement. La levure à pizza est une variante de la levure instantanée, à laquelle on a ajouté des agents acidifiants pour accélérer encore davantage la levée.  Pratique pour une pâte express, moins idéale pour une fermentation longue.

Si on substitue un type pour un autre, il faut ajuster les quantités selon les indications du fabricant.

À quoi sert vraiment le sel dans la pâte à pizza ?

Le sel est indispensable à la pâte à pizza, mais pas pour la raison qu’on pense : il ne favorise pas la fermentation, il la régule. En inhibant légèrement l’activité de la levure, il évite que la pâte ne lève trop vite et contribue à développer la saveur et la structure de la croûte. C’est pourquoi on évite toujours de mettre le sel en contact direct avec la levure lors du mélange des ingrédients.

Une petite nuance qui vaut la peine d’être mentionnée : le sel iodé, grâce à ses propriétés antimicrobiennes, peut inhiber la levure un peu plus que le sel non iodé. La différence est subtile pour une pâte maison, mais si on veut optimiser sa fermentation (surtout pour une pâte longue) on privilégie un sel de mer non iodé ou un sel casher.

Faut-il mettre du sucre dans la pâte à pizza ?

Le sucre est facultatif, mais il peut donner un sérieux coup de main lorsqu’on veut une pâte à pizza qui sera prête rapidement. Le meilleur exemple qu’on m’a donné à ce jour pour expliquer le phénomène (coucou ici à Sophie de La Milanaise) est de comparer la levure à un enfant de 5 ans à qui on donne du sucre : la levure devient alors hyperactive et va lever rapidement. Toutefois, si on prépare une pâte à pizza à fermentation longue, le sucre est plus nuisible qu’aidant sur le résultat final. Le sucre aide aussi au brunissement de la croûte au moment de la cuisson.

Utiliser de la bière à la place de l’eau, en combinaison ou pas avec du sucre, c’est un peu comme booster sa pâte à pizza aux stéroïdes. Les sucres fermentescibles et le CO₂ dissous dans la bière permettent de faire lever la pâte rapidement et d’obtenir facilement le brunissement de la croûte.

Faut-il mettre de l’huile d’olive dans la pâte à pizza ?

L’huile d’olive est un ingrédient facultatif, mais son rôle est bien distinct du sucre ou du sel et ça vaut la peine de le comprendre avant de l’ajouter machinalement. En enrobant les protéines de la farine, l’huile limite le développement du gluten, ce qui donne une pâte plus tendre, plus souple au toucher et une croûte finale plus moelleuse avec moins de mâche.

C’est un avantage ou un inconvénient selon le style recherché. La pizza napolitaine authentique n’en contient pas — ou très peu — parce qu’on veut justement un gluten bien développé pour obtenir cette croûte légère, élastique et avec du caractère. En revanche, pour une pizza de style américain avec une croûte plus tendre et dorée, l’huile d’olive est souvent présente en quantité généreuse. Elle contribue aussi au brunissement de la croûte et apporte une saveur subtile. En règle générale, on parle de 1 à 2 c. à soupe pour 500 g de farine — au-delà, la pâte devient difficile à travailler et la croûte peut manquer de structure.

C’est quoi le malt diastasique et est-ce que ça vaut la peine ?

Le malt diastasique, c’est de l’orge germée séchée et moulue, riche en enzymes naturelles — principalement l’amylase — qui découpent les longues chaînes d’amidon de la farine en sucres simples. Ces sucres nourrissent la levure pendant la fermentation et, au moment de la cuisson, favorisent un brunissement accéléré de la croûte par réaction de Maillard. En clair, ça donne une croûte plus dorée, plus savoureuse et avec une belle couleur même à des températures de cuisson modérées.

On l’utilise en très petite quantité (généralement entre 0,5 % et 1 % du poids de la farine, soit environ 1/2 c. à thé pour 500 g de farine). Au-delà de cette dose, les enzymes dégradent trop l’amidon et la pâte devient collante, difficile à travailler et la croûte peut brûler avant d’être cuite. C’est un ingrédient qui ne pardonne pas les excès.

Est-ce indispensable ? Non. Mais si on cherche à reproduire cette croûte de pizzeria avec une couleur profonde et une légère complexité de goût, c’est un ajout qui fait une vraie différence. On le trouve dans les boutiques spécialisées en boulangerie ou en ligne. À ne pas confondre avec le malt non diastasique!  Ce dernier n’a plus d’activité enzymatique et sert uniquement à la saveur, pas au brunissement.

Une mise en garde importante : le malt diastasique n’a absolument pas sa place dans une pâte destinée à cuire dans un four à pizza à haute température — les fours à bois ou les fours électriques de type Ooni, Ricardo, Alfa, ou Gosney qui atteignent 450 °C à 500 °C (850 °F à 900 °F).  À ces températures, la croûte brunit déjà de façon extrêmement rapide sans aucune aide enzymatique. Ajouter du malt diastasique dans ce contexte, c’est l’assurance d’une croûte brûlée en quelques secondes. On le réserve strictement aux cuissons dans un four domestique standard.

Quelle température d’eau pour activer la levure ?

La température ambiante ainsi que la température de l’eau utilisée pour réhydrater la levure sèche affectent le temps de levée de la pâte à pizza. C’est pourquoi les temps de repos indiqués dans les recettes sur le Web ou dans les livres sont toujours approximatifs. L’hiver, il faut plus de temps avant que la pâte ne double de volume parce qu’il fait plus froid. L’été, c’est le contraire, la pâte lève plus rapidement. C’est pourquoi il est préférable de faire lever la pâte à l’endroit le plus chaud (et sans courant d’air) de la cuisine.

De l’eau trop chaude (plus de 60 °C | 140 °F) va tuer la levure, alors qu’une eau trop froide (moins de 18 °C | 65 °F) risque de ne pas l’activer suffisamment, rendant la pâte difficile à travailler et le temps de levée interminable. De l’eau tiède (autour de 23 à 27 °C | 73 à 80 °F) est ce qui est fortement conseillé. Si on n’a pas de thermomètre, pas de stress — c’est l’équivalent de la température du lait dans un biberon.

Qu’est-ce que le taux d’hydratation d’une pâte à pizza ?

Le taux d’hydratation, c’est simplement le rapport entre la quantité d’eau et la quantité de farine dans une recette, exprimé en pourcentage. Une pâte avec 300 g d’eau pour 500 g de farine a un taux d’hydratation de 60 %. Ce chiffre change tout : le comportement de la pâte au pétrissage, sa facilité à s’étirer, la texture finale de la croûte.

Pour les débutants, pas besoin de sortir la calculatrice. On suit simplement la recette telle quelle et on obtient de bons résultats. Le concept devient utile quand on commence à modifier une recette, à en comparer plusieurs, ou à comprendre pourquoi une pâte se comporte différemment d’une fois à l’autre.

Une pâte à faible hydratation (autour de 55 à 60 %) est plus ferme et plus facile à manipuler — c’est souvent le point de départ idéal quand on apprend. Une pâte à hydratation élevée (65 à 75 %) est plus collante et demande plus de technique, mais elle développe davantage d’alvéoles à la cuisson et donne une croûte plus légère et aérée, dans le style napolitain. Si une pâte semble trop collante ou trop sèche et difficile à travailler, c’est souvent le taux d’hydratation qu’il faut ajuster en premier avant de chercher ailleurs.

Comment bien mélanger la pâte pour développer le réseau de gluten ?

Le gluten, c’est le réseau de protéines qui donne à la pâte à pizza sa structure, son élasticité et sa capacité à retenir les gaz de fermentation. Sans un bon réseau de gluten, la pâte se déchire à l’étirage et la croûte manque de mâche.

Pour développer ce réseau, le pétrissage traditionnel reste la méthode la plus efficace : on pétrit la pâte pendant 8 à 10 minutes à la main (ou 5 à 6 minutes au robot avec le crochet pétrisseur) jusqu’à ce qu’elle soit lisse, souple et légèrement collante sans coller aux mains. Un bon test : on étire un petit morceau de pâte entre les doigts — si elle forme une membrane translucide sans se déchirer (ce qu’on appelle le « windowpane test »), le gluten est bien développé.

Pour une pâte sans pétrissage, c’est le temps qui fait le travail à la place des mains : une longue fermentation au réfrigérateur (12 à 24 heures) permet au gluten de se développer naturellement, sans effort.

Fermentation courte ou fermentation longue : quelle différence ?

C’est une des questions les plus importantes en pizza maison, et pourtant elle est rarement bien expliquée. La fermentation, c’est le processus par lequel la levure consomme les sucres de la farine et produit du CO₂ — ce qui fait lever la pâte — et des composés aromatiques qui donnent leur saveur à la croûte. Plus la fermentation est longue, plus ces composés ont le temps de se développer.

Une fermentation courte (1 à 2 heures à température ambiante) donne une pâte fonctionnelle et une croûte correcte. C’est l’option express, parfaite pour un souper pizza décidé le jour même. Une fermentation longue au réfrigérateur (entre 24 et 72 heures) transforme complètement le résultat : la croûte développe une complexité aromatique nettement supérieure, une légère acidité agréable, une meilleure digestibilité et une texture plus aérée. C’est le secret derrière les pizzas de pizzeria qui ont ce petit quelque chose d’indéfinissable. La bonne nouvelle, c’est que la fermentation longue ne demande aucun effort supplémentaire, elle demande seulement de la planification. On prépare la pâte la veille (ou deux jours avant), on la place au réfrigérateur dans un contenant légèrement huilé, et on la sort 1 heure avant de l’utiliser pour la laisser revenir à température ambiante.

Combien de temps peut-on garder la pâte à pizza au réfrigérateur ?

Une pâte à pizza bien couverte se conserve au réfrigérateur entre 3 et 5 jours. Passé ce délai, la levure s’épuise et la pâte commence à développer une acidité excessive qui peut rendre la croûte amère. Dans les premiers jours, la pâte continue de fermenter lentement au froid — c’est d’ailleurs pour ça qu’une pâte utilisée au jour 3 sera souvent plus savoureuse qu’au jour 1.

On conserve la pâte en boule dans un contenant hermétique légèrement huilé — l’huile empêche la surface de sécher et de former une croûte. Si on voit la pâte gonfler beaucoup dans le contenant, on peut lui donner un rabat (un simple pli sur elle-même) pour libérer les gaz sans la dégonfler complètement. Avant de l’utiliser, on la sort du réfrigérateur et on la laisse reposer à température ambiante pendant 30 minutes à 1 heure — une pâte froide est beaucoup trop élastique et résistera à l’étirage.

Comment étirer la pâte à pizza sans la déchirer ?

La première règle (et elle est absolue) c’est de ne jamais utiliser un rouleau à pâtisserie. Le rouleau écrase les bulles de gaz formées pendant la fermentation, celles-là même qui donnent à la croûte sa légèreté et ses belles alvéoles. On étire toujours à la main.

Avant même de commencer, la pâte doit être à température ambiante. Une pâte froide sortie directement du réfrigérateur est beaucoup trop élastique et va se rétracter constamment. On la laisse reposer à découvert sur le comptoir entre 30 minutes et 1 heure selon la température de la pièce.

On commence par aplatir la boule du bout des doigts en partant du centre vers l’extérieur, en laissant un rebord d’environ 2 cm intact — c’est ce rebord qu’on ne touche pas qui va gonfler à la cuisson et former la belle bordure de la croûte. Une fois qu’on a un disque d’environ 20 cm, on soulève la pâte et on la laisse s’étirer doucement sous son propre poids en la faisant tourner entre les mains, comme une roue. Les plus téméraires peuvent tenter le lancer en l’air. C’est spectaculaire, efficace pour étirer uniformément, et ça impressionne toujours la galerie.

Si la pâte résiste et se rétracte malgré tout, on ne force jamais. On la repose à plat sur le comptoir, on la recouvre d’un linge et on attend 5 à 10 minutes. Le gluten a simplement besoin de se relâcher, c’est une question de patience, pas de force.

Pâte à pizza sans pétrissage, souple et dorée, prête à être garnie après une longue fermentation de 16 heures.

Comment empêcher la pâte de coller à la pelle à pizza ?

C’est souvent là que le drame survient : la pizza est garnie, le four est chaud, et la pâte refuse catégoriquement de glisser. La solution, c’est la farine de semoule de maïs (cornmeal) ou la semoule de blé fine. On en saupoudre généreusement la pelle avant d’y déposer la pâte — ces petites particules agissent comme des billes et permettent à la pizza de glisser facilement.

On évite la farine ordinaire seule, qui a tendance à coller davantage une fois que la pâte a reposé sur la pelle. Et surtout, on ne garnit pas sa pizza longtemps à l’avance sur la pelle — plus la pâte reste en contact avec la pelle, plus elle risque de coller. On garnie rapidement, et on enfourne sans tarder. Un petit coup de secousse latérale avant d’ouvrir le four permet de vérifier que la pizza glisse encore librement.

Comment cuire une pizza maison comme dans un four à bois ?

C’est possible d’imiter la cuisson d’un four à pizza à l’aide de sa cuisinière. On obtient la parfaite pâte à pizza maison gonflée, avec de belles bulles sur le rebord et une croûte bien dorée. Pour obtenir une cuisson qui rivalise celle d’un four à bois, on préchauffe pendant 1 heure son four à 290 °C | 550 °F — ou à la température maximale que le four peut atteindre. On place sa pierre à pizza (ou sa plaque de cuisson en métal) au centre du four et une autre plaque de métal dans le bas du four.

Au moment de garnir sa pizza, on met le four à broil. On attend au moins 5 minutes avant de mettre la pizza au four sur la plaque située au centre. On cuit pendant 1 à 2 minutes, tout en surveillant la croûte pour ne pas qu’elle brûle. À l’aide de la pelle à pizza, on fait pivoter la pizza de 180 degrés et on poursuit la cuisson pendant 1 à 2 minutes. Lorsque la croûte est bien dorée, on transfère la pizza sur la plaque située dans le bas du four pour terminer la cuisson de la croûte pendant 1 à 2 minutes supplémentaires. On répète les étapes pour chaque pizza à cuire.

Peut-on cuire une pizza maison sur le barbecue ?

Le barbecue au gaz est une excellente alternative au four domestique pour cuire une pizza maison, surtout en été quand on préfère ne pas chauffer la maison. Avec une pierre à pizza ou une plaque en acier, on peut atteindre des températures très élevées qui se rapprochent de celles d’un four à pizza et le résultat est souvent spectaculaire.

On préchauffe le barbecue à puissance maximale pendant au moins 30 minutes avec la pierre à pizza déjà installée sur la grille. Une fois bien chaud, on éteint le brûleur directement sous la pierre et on laisse les brûleurs des côtés allumés. Cette chaleur indirecte évite que la croûte ne brûle par en dessous avant que le dessus soit cuit. On dépose la pizza sur la pierre à l’aide de la pelle, on ferme le couvercle et on surveille attentivement : à haute température, tout va très vite. Une rotation à mi-cuisson assure un brunissement uniforme.

Comment éviter de brûler sa pâte à pizza dans un four à pizza ?

Les fours à pizza extérieurs de type Ooni, Ricardo, Gosney ou Alfa sont fantastiques, mais ils pardonnent peu les erreurs. À 450 °C à 500 °C (ou près de 900 °F) , la différence entre une croûte parfaite et une croûte carbonisée se joue en quelques secondes. Quelques principes de base permettent d’éviter le désastre.

La pierre doit être bien préchauffée, mais pas surchauffée. Une pierre trop froide va coller et cuire inégalement. Une pierre trop chaude va brûler le dessous de la croûte avant même que le dessus soit cuit. On vise une température de pierre entre 380 °C et 430 °C (716 °F à 806 °F). Dans un four à pizza napolitain authentique, c’est d’ailleurs cette distinction qui fait toute la différence : l’ambiance du four monte à près de 500 °C (900 °F) pendant que la pierre, elle, se stabilise autour de 370 °C à 400 °C (700 °F à 750 °F). C’est cette combinaison de chaleur rayonnante intense par le dessus et de chaleur conduite plus douce par le dessous qui produit la croûte napolitaine caractéristique : gonflée, légèrement tachetée de noir et cuite en 60 à 90 secondes. Un thermomètre infrarouge, vendu pour une vingtaine de dollars, devient rapidement indispensable dans ce contexte.

L’épaisseur de la pâte compte énormément. Une pâte étirée trop épaisse par endroits va brûler sur les zones minces avant que les zones épaisses soient cuites. On vise une épaisseur la plus uniforme possible, avec un rebord légèrement plus épais pour la bordure.

La garniture doit être appliquée en couche fine. Trop de sauce, trop de fromage ou des garnitures trop humides ralentissent la cuisson du dessus pendant que le dessous continue de cuire  et brûle. On égoutte bien les tomates, on ne surcharge pas et on opte pour une mozzarella faible en humidité si on veut éviter les flaques d’eau sur la pizza.

Enfin, on ne quitte jamais le four des yeux et on tourne la pizza toutes les 20 à 30 secondes à l’aide de la pelle pour assurer une cuisson uniforme sur tout le pourtour. Dans un four à pizza, la rotation n’est pas optionnelle, c’est la technique de base.

Comment congeler sa pâte à pizza maison ?

Peu importe la recette de pâte à pizza, il est possible de la congeler. On peut le faire avant la levée ou après la première levée, qui dure généralement 20 minutes à 1 heure. Si on opte pour la deuxième option, il faut libérer les gaz en donnant un coup de poing au centre de la pâte, comme le font les boulangers.

La pâte à pizza se conserve mieux en portion individuelle, en disque ou en boule. J’ai une nette préférence pour la congeler en boule. On saupoudre légèrement la pâte de farine et on forme des boules de 255 g. On place les boules directement sur une plaque à biscuits en les espaçant, on couvre et on congèle toute une nuit. Il ne reste qu’à transférer les boules dans un contenant hermétique pour les conserver au congélateur jusqu’à 3 mois.

Comment réchauffer une pointe de pizza pour qu’elle reste croustillante ?

Une pizza du lendemain, ça se réchauffe à la poêle. On place ses pointes de pizza dans une poêle antiadhésive et on réchauffe à feu moyen pendant deux minutes. Cette étape réchauffe la croûte et lui redonne son croustillant. Ensuite, on ajoute 1/4 c. à thé d’eau dans le fond de la poêle, on baisse le feu à doux et on couvre pendant 1 minute. Cette étape crée de l’humidité et fait fondre le fromage. On répète l’exercice selon le nombre de pointes à réchauffer.

Comment décongeler une pâte à pizza rapidement ?

Pour décongeler de façon efficace une boule de pâte à pizza, on la plonge directement dans un bain d’eau à 27 °C (80 °F) — oui, directement, sans son emballage. On la laisse ainsi pendant 15 minutes. Ensuite, on la retire du bain d’eau, on la dépose sur une plaque à biscuits et on la recouvre d’une pellicule plastique ou d’un bol pour éviter qu’elle ne sèche. On la laisse finir de décongeler pendant 1 à 2 heures avant de former un disque et de la garnir à son goût.


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