Qu’est-ce qu’une diététiste-nutritionniste? - Science et Fourchette
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Qu’est-ce qu’une diététiste-nutritionniste?

Il n’y a pas un média sur la planète (ou presque!) qui ne parle pas de nutrition et d’alimentation. Que ce soit dans les journaux, à la télé, sur Facebook, Instagram, Tik Tok ou Twitter, on retrouve de l’information partout, on en mange et on en est friand. L’intérêt est là et on a bien vite compris que la nutrition attirait les clics et les passions.

Toutefois, il n’y a pas que les diététistes-nutritionnistes qui nous tiennent au courant de ce qu’on devrait manger. Et il y a là un danger, comme si on décidait tout bonnement d’aller se faire opérer par notre plombier préféré. C’est pourquoi on profite de la Journée des diététistes-nutritionnistes pour vous faire connaitre notre profession et pour vous expliquer pourquoi on peut se vanter d’être les seules expertes de la nutrition.

(Oui! Nous on peut!).

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mots de Annie Ferland, nutritionniste et docteure en pharmacie.

collaboration à la recherche et rédaction Mara Hannan-Desjardins, nutritionniste


c’est quoi une diététiste-nutritionniste.

Une diététiste-nutritionniste, c’est un professionnel de la santé qui a acquis une solide expertise en nutrition et en alimentation. Notre formation permet d’évaluer l’état nutritionnel d’une personne et sa relation avec la nourriture. Par la suite, on met en place un plan de traitement nutritionnel personnalisé (le one size fits all nous, on ne fait pas ça!), qui vise à adapter l’alimentation en fonction des besoins, des goûts, des préférences ou de la présence ou non de maladies.

On passe aussi beaucoup de temps à recoller les pots qui ont été cassés par les charlatans de la nutrition. On ne souligne pas assez souvent les conséquences, mais tous les jours, on rencontre des personnes qui se sont fait bousiller leur relation avec la nourriture et leur corps par les fausses promesses de l’industrie de la minceur.

comment on devient diététiste-nutritionniste.

Pour exercer la profession, notre candidature en nutrition doit être acceptée, puisque le nombre de places au programme est contingenté. Il faut ensuite compléter le baccalauréat de près de 4 ans et 1400 heures de stage supervisé. Oui, on doit se présenter à tous les cours de biochimie les vendredis et on doit s’armer de patience en physiopathologie!

Plusieurs d’entre nous détiennent aussi une maîtrise ou un doctorat, et quelques rares spécimens, plusieurs années de post-doctorat. Dans l’ensemble, c’est un parcours scolaire long et rigoureux dans un contexte où les nutritionnistes doivent avoir les compétences nécessaires pour exercer un travail qui nécessite des connaissances pointues dans divers secteurs du domaine médical.

diététiste ou nutritionniste, du pareil au même.

On en convient, « diététiste », « nutritionniste », « diététiste-nutritionniste », c’est un peu mêlant! Mais il faut savoir que ça fait partie de notre histoire collective et de l’évolution de notre profession au Québec.

Les premières diététistes de l’ère moderne (1902) s’occupaient d’éducation nutritionnelle ou des diètes spéciales dans les hôpitaux. C’est pourquoi on les appelait les « diététistes » ou les « diététiciennes ». En 1956, le gouvernement adopte la Loi des diététistes du Québec, ce qui fait de la province la première à accorder un statut légal à la profession. On pouvait y lire:

« Attendu que le travail de diététiste est étroitement lié à celui de la profession médicale; de même que pour la médecine, aux connaissances scientifiques de base que consacre le degré universitaire, il est reconnu qu’une expérience pratique additionnelle est nécessaire pour atteindre un véritable statut professionnel. »

C’est en 1994 que le titre « nutritionniste » s’est ajouté à la liste déjà longue des autres titres pour décrire notre travail (avec diététiste, diététicien et diététicienne). Cela dit, l’évolution vers le « nutritionniste » s’inscrivait dans une approche plus moderne, en voulant souligner l’aspect médical et la diversification de notre profession. Les nutritionnistes ne travaillent plus que dans les hôpitaux et les cabinets privés. En plus du secteur clinique, on nous trouve partout où il est question de nutrition et d’alimentation: en santé publique, en gestion, en recherche et enseignement, en communications ainsi qu’en agroalimentaire et biopharmaceutique.

« Au Québec, les titres « diététiste » et « nutritionniste » désignent donc la même profession. On peut donc se dire l'un, l'autre ou les 2 ensembles, on parlera toujours de la même chose. »

une profession à titre réservé, c’est quoi.

Toute cette paperasse légale mène la nutrition vers le statut de profession à titre réservé. Exactement comme les médecins, les pharmaciens, les psychologues et les 55 autres professions sous un Ordre professionnel au Québec. Dans le cas de la nutrition, cela signifie que seules les personnes qui ont complété le bacc en nutrition ET qui sont membres de l’Ordre des diététistes nutritionnistes du Québec peuvent conseiller les gens en matière de nutrition, se dire «diététiste-nutritionniste» et apposer les initiales «Dt.P.», «P.Dt.» ou «R.D.» après leur nom.

« En un seul clic, on peut s'assurer qu'une personne est nutritionniste en allant vérifier si elle a le droit d'exercer la profession sur le site de l'Ordre des diététistes nutritionnistes du Québec. »

le combat de david contre goliath.

On ne peut pas conclure sans parler de notre combat de tous les jours.

Malgré nos compétences et le statut légal de notre profession, on trouve de plus en plus de charlatans de la nutrition qui prodiguent à des patients des « soins nutritionnels » qui ont parfois des conséquences sérieuses sur la santé. Il est malheureusement trop facile et rapide de devenir un pseudo-expert de la nutrition. On peut suivre des formations en ligne douteuses plus ou moins dispendieuses, lire un ebook de 627 pages, s’accoler un titre pompeux avec le préfixe « nutri » et le tour est joué.

En 2021, l’Association pour la santé publique au Québec (ASPQ) soulignait dans un rapport que certain.e.s professionnel.le.s de la santé participaient également à la confusion en nutrition, en faisant la promotion de diètes populaires et de produits amaigrissants. Aller jouer dans le carré de sable des autres et contrevenir au Code des professions n’est pourtant pas banal.

Aujourd’hui, nous sommes près de 3300 diététistes-nutritionnistes au Québec à nous battre contre Goliath pour faire mieux connaître notre profession.

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Références.

Ordre des diététistes-nutritionnistes du Québec (ODNQ). Qu’est-ce qu’une diététiste-nutritionniste? [En ligne]. Page consultée le 13 mars 2023.

Association pour la santé publique du Québec (ASPQ) 2021. Produits, services et moyens amaigrissants. Portrait québécois de la publicité en ligne. pp 25.

Loi concernant L’Association de diététique du Québec 1956. Chapitre 156.

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