Notions de base

Pourquoi il faut avoir à cœur le diabète de type 2.

Sans surprise, apprendre qu’un proche ou nous-mêmes sommes atteints de diabète de type 2 amène son lot de questionnements et d’inquiétudes.

”Que puis-je manger? Dois-je me mettre à la diète? Est-ce que je suis à risque de développer un problème de cœur? Comment puis-je aider un proche atteint de diabète?”

Ces questions (et bien d’autres!), je les ai souvent entendues dans ma pratique en nutrition auprès des personnes vivant avec le diabète de type 2. Elles sont normales et font partie du processus d’adaptation à une réalité où l’on peut très vite se sentir découragé et dépassé.

C’est pourquoi je n’ai pas hésité une seconde lorsque l’équipe de Mon coeur, Ma vie m’a approchée pour collaborer à leur initiative visant à mieux faire connaitre ce qu’est le diabète de type 2 et ses effets sur la santé du coeur.

Voici donc six choses importantes à savoir pour bien comprendre ce que ça signifie de vivre avec le diabète de type 2 (et quelques ressources utiles).

mots de Annie Ferland, nutritionniste et docteure en pharmacie


Présenté par Mon coeur, Ma vie

Comprendre le diabète de type 2.

Le diabète de type 2, c’est un peu comme le jeu trieur de formes pour enfants. Quand tout va bien, le jeune est en mesure de glisser facilement les différentes formes dans leurs emplacements respectifs, à l’image des différents types de sucres qui entrent dans les cellules pour être métabolisés grâce à une hormone qu’on appelle insuline.

Le diabète de type 2 est causé par l’absence, le manque ou une mauvaise utilisation de l’insuline par notre corps. C’est comme si notre jeu trieur de formes avait juste des pièces en forme de cercle, qui ne glisseront jamais dans l’emplacement du triangle, du carré, de la croix ou de l’étoile. Le sucre a alors de la difficulté à entrer dans les cellules et s’accumule dans le sang. Et plus il y a de sucre dans le sang, plus celui-ci devient épais et visqueux. Ce phénomène augmente les risques de coagulation sanguine et d’obstruction d’un vaisseau sanguin au niveau du cœur (infarctus) ou du cerveau (accident vasculaire cérébral).

Ça va donc prendre un peu d’aide pour faire entrer le sucre dans les cellules et éviter de nombreuses complications.

Bien manger.

Selon la croyance populaire, nous avons tendance à percevoir l’alimentation de la personne diabétique de type 2 comme une façon de manger restrictive, monotone, où beaucoup d’aliments sont interdits à cause de leur teneur en glucides et en sucres. Selon mon expérience, il y a une meilleure façon de voir les choses.

Il faut plutôt considérer son alimentation comme une occasion de jouer un rôle actif (et positif!) sur la gestion de son diabète et réduire les risques de maladies du cœur, qui sont la principale cause de décès chez les Canadiens atteints de diabète de type 2.

Chaque personne diabétique est unique, chaque façon de manger l’est tout autant. À mon avis, l’un des plus beaux cadeaux que nous pouvons nous offrir lorsque nous sommes atteint de diabète de type 2 est de consulter un diététiste-nutritionniste. C’est normal d’avoir besoin d’aide pour adapter son alimentation à sa maladie, son mode de vie, à ses goûts et à ses préférences quand le diabète vient chambouler son quotidien.

Perdre du poids.

La perte de poids est un sujet très sensible. Nous savons “scientifiquement parlant” qu’une perte de poids de 5 à 10 % par rapport au poids initial peut aider à améliorer la sensibilité à l’insuline et à normaliser la glycémie. Mais d’un point de vue personnel, nous ne devrions pas concentrer nos efforts uniquement sur le chiffre indiqué sur le pèse-personne.

Plusieurs études soulignent qu’environ 95% des personnes qui ont suivi une diète dans le but de perdre du poids ont repris le poids perdu, deux ans ou plus après la fin de la diète. C’est pourquoi il faut aller au-delà de l’approche simpliste qui conseille de bouger plus, de manger moins ou de suivre la diète populaire de l’heure.

Changer ses habitudes alimentaires demande souvent plus d’efforts – il s’agit de faire des choix intelligents qui conviennent à votre quotidien et à vos goûts personnels, ainsi qu’à ce qui ne représente aucun danger pour votre gestion du diabète. Le professionnel de la santé doit prendre le temps d’écouter et de valider le vécu de chaque patient afin d’offrir un plan de traitement nutritionnel personnalisé, qui pourra être adapté et maintenu toute notre vie, perte de poids ou pas.

« Il faut aller au-delà de l’approche simpliste qui conseille de bouger plus, de manger moins ou d’adhérer à la diète populaire de l’heure. »

Faire de l’exercice.

Peu importe notre taille ou notre poids, tout le monde a grandement intérêt à faire de l’exercice. C’est encore plus vrai en présence de diabète de type 2.

Les bienfaits de l’exercice physique sur la glycémie se remarquent dès qu’on commence à bouger. Les personnes actives bénéficient plus souvent d’une meilleure qualité de vie, d’un meilleur sommeil, d’une diminution du stress, d’une meilleure concentration et réduisent les risques d’une foule de problèmes de santé comme les maladies cardiovasculaires, certains types de cancers et des problèmes musculaires et osseux.

Lors d’une recherche effectuée dans le cadre de mon doctorat, nous avons pu observer que la glycémie suivant la consommation de sucre chez les personnes diabétiques actives se normalise plus facilement. De plus, le simple fait de pratiquer de l’activité physique et d’avoir une alimentation équilibrée au quotidien est suffisant pour avoir un meilleur contrôle de la glycémie et améliorer sa santé, même si le chiffre sur le pèse-personne ne change pas tant que ça.

Prendre des médicaments.

Même si nous avons toute la bonne volonté du monde, il est possible que de bien manger et de faire de l’exercice ne suffisent pas à maintenir sa glycémie (taux de sucre dans le sang) aux niveaux cibles. Certaines personnes diabétiques devront alors prendre des médicaments (antidiabétiques oraux) ou se faire des injections d’insuline. Il est important de ne pas le voir comme un échec, mais comme un outil supplémentaire pour mieux contrôler son diabète.

Généralement, les professionnels de la santé gardent aussi en tête que 1 personne diabétique sur 2 risque de succomber à une maladie du coeur – que ce soit une crise cardiaque ou de l’insuffisance cardiaque. C’est pourquoi notre médecin peut choisir d’opter pour certains médicaments contre le diabète de type 2 qui sont aussi capable de réduire le risque de décès dû à des événements liés au coeur ou aux vaisseaux sanguins.

Il peut être difficile de savoir si nous sommes nous-mêmes à risque de maladies du coeur puisque c’est une évaluation qui est généralement faite par le médecin. C’est pourquoi Mon coeur, Ma vie a mis en ligne un outil d’évaluation du risque qui peut nous aider à se faire une idée globale sur son propre risque. Cette information peut alors faciliter la discussion avec son médecin lors de notre prochain rendez-vous.

Bien gérer son stress.

Le diabète de type 2 amène son lot de stress et d’angoisse, autant pour la personne directement concernée par la maladie que pour sa famille. La crainte constante de faire des hypoglycémies (taux de sucre dans le sang sous les valeurs normales) ou de l’hyperglycémie (une accumulation de sucre dans le sang) est souvent associée à un lourd fardeau émotionnel. Il faut savoir que c’est avec du temps et de l’expérience que la personne diabétique deviendra  compétent pour comprendre comment son corps module son taux de sucre dans le sang.

Toutefois, il ne faut pas sous-estimer comment le stress peut avoir des conséquences négatives sur la maîtrise du diabète, en plus d’augmenter le risque de complications cardiovasculaires et d’entraîner une détérioration de la qualité de vie. C’est pourquoi il faut mettre en place des actions visant à favoriser le bien-être et à atténuer le stress lié au diabète.

Arrêter de fumer.

Les personnes diabétiques de type 2 ET fumeuses doublent leur risque de faire une crise cardiaque, un AVC et même d’en mourir.  La science n’est plus à faire sur le sujet. Le tabagisme aggrave l’accumulation de plaques dans les artères, augment le risque de caillots sanguins et réduit l’apport en oxygène dans le sang. L’abandon du tabac peut amener des bénéfices majeurs pour votre santé. C’est un gros défi, mais c’est un défi payant!


Remerciements

Ce billet a été écrit en collaboration avec deux entreprises leaders dans la recherche pharmaceutique au Canada, dans le cadre de la campagne Mon coeur ma vie, visant à faire connaitre une ressource précieuse pour les personnes atteintes de diabète de type 2 et leurs familles.

Références

Ayyad C. et al. Long-term efficacy of dietary treatment of obesity: a systematic review of studies published between 1931 and 1999. Obes Rev. 2000 Oct;1(2):113-9.

Coeur et AVC. [EN LIGNE] https://www.coeuretavc.ca/maladies-du-coeur/risque-et-prevention/facteurs-de-risque-lies-au-mode-de-vie/tabagisme (page consultée le 27 avril 2021).

Diabetes Canada Clinical Practice Guidelines Expert Committee. Protection cardiovasculaire chez les personnes diabétiques. Lignes directrices de pratique clinique 2018. Can J Diabetes 42 (2018) S162-S169.

Diabetes Canada Clinical Practice Guidelines Expert Committee. Nutrition Therapy. Can J Diabetes. 2018 Apr;42 Suppl 1:S64-S79.

Diabetes Canada Clinical Practice Guidelines Expert Committee. Physical Activity and Diabetes. Can J Diabetes. 2018 Apr;42 Suppl 1:S54-S63.

Diabetes Canada Clinical Practice Guidelines Expert Committee. Pharmacologic Glycemic Management of Type 2 Diabetes in Adults. Can J Diabetes. 2018 Apr;42 Suppl 1:S88-S103.

Ferland A. Impact of high-fat /low-carbohydrate, high-, low-glycaemic index or low-caloric meals on glucose regulation during aerobic exercise in Type 2 diabetes. Diabet Med. 2009 Jun;26(6):589-95.

Gaudet-Savard T & Ferland A. Safety and magnitude of changes in blood glucose levels following exercise performed in the fasted and the postprandial state in men with type 2 diabetes. Eur J Cardiovasc Prev Rehabil. 2007 Dec;14(6):831-6.

Sarlio-Lähteenkorva S et al. A descriptive study of weight loss maintenance: 6 and 15 year follow-up of initially overweight adults. Int J Obes Relat Metab Disord. 2000 Jan;24(1):116-25.

Wharton S et al. L’obésité chez l’adulte : ligne directrice de pratique clinique. CMAJ December 07, 2020 192 (49) E1757-E1775.

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